Il y a une révolution dans le football africain. À partir de l’édition 2028, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ne ressemblera plus à ce qu’elle était. Le tournoi s’élargit à 28 nations et change son rythme bisannuel pour adopter le modèle mondial du cycle quadriennal. Cette décision a été annoncée par le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, qui divise déjà les observateurs et les fédérations.
Pour le Togo, cette réforme majeure intervient à un moment clé. Les Éperviers, actuellement en pleine reconstruction sous la direction de l’entraîneur Patrice Neveu, devront désormais composer avec un calendrier international profondément modifié.
L’élargissement à 28 équipes offre théoriquement davantage d’opportunités aux nations émergentes pour se qualifier. Le Togo, qui n’a plus participé à une phase finale de la CAN depuis 2017 (au Gabon), peut trouver une opportunité. Cependant, le passage au cycle quadriennal réduit considérablement le nombre de rendez-vous internationaux majeurs. Une qualification manquée aura désormais des conséquences plus lourdes, avec une attente de quatre ans avant la prochaine édition.
Cette décision divise : entre opportunités et inquiétudes. Si la CAF veut « désengorger un calendrier international au bord de l’asphyxie » et donner à la compétition une dimension de « solennité » comparable à l’Euro ou à la Coupe du monde, elle suscite des réactions contrastées.
Du côté des clubs européens, souvent en conflit avec les fédérations pour libérer leurs stars en plein milieu de saison, cela est une victoire majeure. La pression sur les joueurs sera moindre, et les cycles de préparation plus longs. En revanche, les petites fédérations, dont celle du Togo, pourraient souffrir de cette réforme. Pour beaucoup, les recettes générées par la CAN tous les deux ans étaient un poumon financier vital. Espacer les éditions pourrait fragiliser les structures locales qui dépendent de cette manne régulière.
Sur le plan sportif, les sélectionneurs devront désormais construire des projets sur quatre ans, intégrant des sauts de générations plus brutaux. Là où la fréquence bisannuelle permettait une transition plus douce, le nouveau format exige une planification rigoureuse.
Pour le Togo, qui mise sur la formation et l’intégration de jeunes talents pour reconstruire son équipe nationale, ce changement intervient dans un contexte déjà complexe. L’entraîneur Patrice Neveu, qui travaille à redonner des repères à un groupe en reconstruction, devra adapter sa stratégie à ce nouveau calendrier.
Avec 28 équipes qualifiées dès 2028, les chances de voir le Togo retrouver la phase finale de la CAN augmentent théoriquement. Mais la concurrence reste rude, et la préparation devra être minutieuse.









